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30 secondes avec Guillermo del Toro

Christophe Bruynix

12 avril 2018 | 0 commentaires

Guillermo del Toro était au BIFFF pour une master class et une séance de dédicace durant laquelle j’ai eu 30 secondes, le temps d’une signature, pour lui transmettre l’expression de tout mon amour pour son oeuvre.

Chaque année, de 1993 à 2006, j’allais au BIFFF (Brussels International Fantasy Film Festival) pour y voir une trentaine de films. Et pendant je ne sais plus trop combien d’années (6-7?) j’ai pris des photos des invités pour le magazine AAAaarrrgghhHH (ça ne s’invente pas). J’ai toujours les négatifs de mes photos de Anthony Perkins, James Coburn, Christophe Lee, Terence Stamp, Samuel Fuller, Terry Gilliam, Wes Craven, Peter Jackson et de beaucoup d’autres.

Après 2006, l’envie du BIFFF s’est émoussée et je n’y ai plus mis les pieds qu’occasionnellement. J’ai pris mes distances par rapport au cinéma qui avait dirigé ma vie depuis mon adolescence. Mon amour des histoires en mouvement s’est reporté sur les séries. Cela posé, j’ai quand même gardé une grande affection pour une poignée de cinéastes “à l’ancienne”, derniers des Mohicans d’un art en voie d’extinction, parmi lesquels figure Guillermo del Toro.

Sa présence pour une master class m’a naturellement poussé à revenir au BIFFF, appareil photo à la main, où j’ai retrouvé immédiatement mes marques comme si je n’étais jamais parti.

Les couloirs du Bozar remplis par la foule attendant la master class.

Avant d’aller plus loin dans le compte rendu, je dois frustrer un peu mon envie d’écrire un post kilométrique. Il y a tant à dire sur l’artiste et sur son travail. Ce blog étant normalement consacré à la photographie, je vais limiter les références à son usage de la couleur et comment elle m’influence.

Si j’avais les moyens de maitriser entièrement mon environnement, c’est vers ce genre de lumière que je me dirigerais: une base d’obscurité – et non de lumière – et des variations d’une couleur dominante comme des coups de pinceau.

Mais comme je ne maîtrise pas mon environnement, je me contente d’être très vigilant, essentiellement le soir, et de sortir mon appareil lorsqu’un jeu d’ombres colorées se présente à moi. Mon Sony A6000 est très pratique pour capturer ces ambiances: il produit des clichés à 12800 ISO avec peu de pixélisation (et peut monter jusqu’à 25600 ISO).

 

La master class pilotée par Jonas Govaerts et Fabrice Du Welz a exploré la carrière du réalisateur. Il a parlé de son apprentissage permanent. De film en film il apprend de nouvelles techniques pour approfondir sa dramaturgie. Il a aussi parlé de ses influences. Notamment qu’il perçoit ses personnages comme du Kintsugi – cet art japonais qui consiste à réparer des poteries brisés avec de la peinture dorée: les cassures ne sont pas des défauts mais créent la beauté.

En 2017, alors que le cinéma se dématérialise et se standardise de plus en plus, il continue à travailler en artisan: à la main et avec le coeur.

Même si il a essayé de rester focalisé sur son art, l’essentiel de la master class a beaucoup tourné autour des difficultés permanentes qu’il rencontre pour convaincre les producteurs de le suivre dans ses projets. Trop bizarre. Trop morbide. “On comprend pas”. Pas comme les autres. Même après 25 ans de carrière. On a senti sa rage et sa frustration permanente de devoir se défendre, parfois de minute en minute sur les tournages,  pour maintenir sa vision au milieu des rapports de force contraires. C’est sur cette note qu’il a conclu en déclenchant une standing ovation.

“La rage est un outil que tout artiste doit utiliser pour poursuivre son oeuvre.”

C’était la folie habituelle au BIFFF. 0n a eu droit à une chanson – rituel embarrasant obligé pour tout invité de marque – et à la cérémonie d’adoubement du Chevalier de l’Ordre du Corbeau. Et la master class a fini en standing ovation.

La soirée s’est terminée par une séance de dédicaces. C’était réglé comme une chaîne de montage: monter sur le podium, présenter l’objet à signer, dire une phrase en prenant la pose pour la photo, remercier et partir. En tout une trentaine de secondes par personne et ce après plus d’une heure de file. Même avec tant de contrainte, l’ambiance était bonne et la générosité de Guillermo était sensible.

Personnellement, je ne suis pas fétichiste de la dédicace. Je n’aime ni la foule, ni l’attente. Je conserve très peu de choses et je fais régulièrement le vide dans ma maison. Je me suis imposé l’exercice pour faire dédicacer à Celle que j’aime un exemplaire de la novélisation de The Shape of Water qu’elle a récemment traduit. Et aussi pour parvenir à lui faire passer le message que ses films avaient de l’importance dans ma vie.

Comme je n’avais que 30 secondes pour lui parler, j’ai abandonné l’idée de concasser tout mon amour de cinéphile dans une phrase speedée. J’ai mis à profit mon heure d’attente pour peaufiner une approche minimale.

“C’est pour celle que j’aime. C’est elle qui a traduit ce livre. C’est une littéraire qui ne va au cinéma que deux fois par an. Le livre lui a donné l’envie que The Shape of Water soit une de ces fois, alors que ce n’est vraiment pas son genre. Et elle a beaucoup aimé. Merci pour ce film et pour tous les autres.”

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